Journal de Kenza
Longtemps, j'ai cru qu'il me manquait une partie de moi.
Entre deux cultures
Petite, je n'avais pas conscience de tout ce que mes origines représentaient.
Je suis née et j'ai grandi en France, mais une grande partie de mon enfance s'est construite au rythme des étés passés au Portugal.
Chaque été, je retrouvais ma famille, les repas qui réunissaient plusieurs générations autour de la même table, les longues journées ensoleillées, la langue portugaise qui résonnait partout autour de moi et toutes ces habitudes qui faisaient naturellement partie de mon quotidien.
Le Portugal n'était pas seulement un pays où je passais mes vacances.
C'était une partie de moi.
Pourtant, malgré tout cela, il existait une sensation difficile à expliquer.
Comme si une partie de mon histoire m'échappait encore.
Mon père est marocain.
J'avais déjà découvert le Maroc lorsque j'étais enfant, mais j'étais trop jeune pour en garder de véritables souvenirs.
Pendant longtemps, cette partie de mon identité est restée silencieuse.
À dix-huit ans, j'ai ressenti le besoin de partir à sa rencontre.
Personne ne me l'a demandé.
Personne ne m'y a poussée.
C'était simplement une envie profonde de mieux comprendre cette autre partie de moi.
J'y ai découvert une culture, une histoire, des paysages, des traditions… mais surtout une partie de mon identité que je connaissais finalement très peu.
Je ne cherchais pas à devenir quelqu'un d'autre.
Je cherchais simplement à mieux me comprendre.
Au fil des années, j'ai appris à aimer le Maroc autant que j'avais toujours aimé le Portugal.
Différemment.
Sans comparaison.
Sans avoir besoin de choisir.
Aujourd'hui, je réalise que cette double culture est l'une des plus belles richesses de ma vie.
Elle m'a appris que l'on pouvait appartenir à plusieurs mondes.
Elle m'a appris à accueillir des différences plutôt qu'à les opposer.
Elle m'a appris que notre identité ne se résume jamais à une seule case.
Pendant longtemps, je pensais devoir choisir entre mes deux racines.
Avec le temps, j'ai compris que ma force venait justement de leur rencontre.
Parce qu'au fond, nous sommes rarement une seule chose.
Nous sommes le mélange de nos histoires, de nos rencontres, de nos racines, de nos voyages et de nos choix.
Et c'est précisément ce mélange qui nous rend uniques.
Aujourd'hui, je ne cherche plus à choisir entre deux cultures.
Je remercie simplement la vie de m'avoir permis d'être construite par les deux.
Merci d'avoir pris un moment pour me lire. 🤍
À bientôt sur ByKenza.